Fifa : Kidiaba, Maître Corbeau dans sa cage
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Après Mputu Mabi Trésor, la Fédération internationale de football association (Fifa), a jeté son dévolu sur son site, sur le gardien de but du TP Mazembe, Robert Kidiaba Muteba.
Auteur d'une prestation de haut vol contre les Pohang Steelers en quart de finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, E.A.U. 2009, Muteba Kidiaba, gardien de but des Corbeaux du TP Mazembe et de la RD Congo, n'a rien à se reprocher dans la défaite de son équipe face aux Asiatiques. Par ses parades, sorties et arrêts-réflexes, il a longtemps repoussé l'échéance avant de céder sous la hardiesse d'un renard des surfaces nommé Denilson.
Agé de 33 ans, Kidiaba fait figure d'ancien dans cette jeune équipe du Tout Puissant. Sa voix douce et posée lui donne par ailleurs des allures de sage, en contraste avec ses bondissantes interventions et sa rage de vaincre lorsqu'il est sur le rectangle vert. Avant le match pour la cinquième place de cette compétition, FIFA.com a eu l'opportunité d'écouter les leçons du "Maître Corbeau".
La première, c'est que ce drôle d'oiseau revient de loin ! "J'allais mettre un terme à ma carrière l'année dernière et je projetais de devenir entraîneur des gardiens", avoue-t-il. "Mais j'ai retrouvé l'envie de continuer et je l'ai plus que jamais aujourd'hui". Et cela se voit tant il s'emploie pour protéger sa cage, comme en témoignent ses multiples envolées face aux Steelers.
Le chasseur devient le chassé
Cette Coupe du Monde des Clubs de la FIFA lui a manifestement donné des ailes. "J'étais déterminé, je ne voulais pas passer à côté de l'opportunité qui m'était offerte de participer à cette immense compétition", confirme-t-il quelques heures après la défaite face aux Sud-Coréens. Mais il préfère aussitôt s'effacer pour évoquer l'aspect collectif de la performance. "Nous avons vraiment bien joué collectivement, on a juste péché dans la finition" admet le portier, avant de citer les quelques atouts des Corbeaux. "A part son gardien ? (rires) Un gros moral, une discipline de fer, et du courage au travail !"
Malgré sa louable modestie, il est pourtant difficile de faire l'impasse sur ses performances individuelles. Celles-ci lui ont valu d'être appelé à différentes reprises à porter le maillot national, depuis 2002, année de sa première cape. En ancien numéro 9 qu'il était avant de se reconvertir en gardien de but, il a l'avantage de connaître mieux que quiconque les chasseurs de buts. Les trois titres en championnat de RD Congo (2006, 2007, 2009), et sa victoire en Ligue des champions de la CAF 2009 sous le plumage du TP Mazembe ont satisfait l'appétit du Corbeau, même s'il souhaite toujours migrer vers l'Europe. "Oui, je rêve toujours d'une carrière professionnelle là-bas", confesse-t-il.
Lubumbashi les suit
Il a d'ores et déjà réussi à attirer l'attention sur lui, et pas uniquement pour sa curieuse façon de célébrer les buts de ses coéquipiers. "Il ne s'agit à la base que d'exercices d'abdominaux, c'est la façon que j'ai trouvé d'exprimer ma joie, elle compense le fait que je ne puisse pas rejoindre mes coéquipiers au bout du terrain pour jubiler avec eux." Une nouvelle occasion de laisser éclater sa joie lui sera proposée le 16 décembre prochain, contre Auckland avec la cinquième place du tournoi pour enjeu.
"Nous voulons cette cinquième place, il faut absolument qu'on gagne le match pour nous, pour les supporters, pour la RD Congo, pour l'Afrique". Il en profite d'ailleurs pour rappeler qu'ils sont nombreux à Lubumbashi à suivre le Tout Puissant dans cette compétition.
Pour ravir cette place, le Corbeau devra éviter de voir le ballon franchir sa ligne de but, comme ce fut le cas en quart de finale. Il serait ainsi bien inspiré de relire les fables du poète français Jean de la Fontaine, selon lequel le corbeau jure "qu'on ne l'y prendrait plus"...


